3e roman , tout en sensualité et émotion. Fidéline Dujeu, auteure de notre région, flirte avec le mal du siècle : la femme esseulée et le cancer.

D’entrée de jeu l’émotion saisit le lecteur. Il ne peut-être que touché par l’expression sensuelle des sentiments et des sensations qui habitent une femme amoureuse, aimante, voire même une femme qui aime sans se poser trop de questions préalables. Le roman est, autour de cette banalité oserait-on dire, une découverte pour l’être humain, aussi averti soit-il!

À travers ses descriptions et ses commentaires, Fidéline Dujeu se présente tout à la fois comme héroïne, observatrice et partie prenante alors que rien n’est biographique si ce n’est une admiration pour une grand-mère qui a vécu les affres de la guerre 40.

Lire une de ses pages donne l’envie de lire la suivante, presque à regret puisqu’on voudrait rester sur celle qui vient d’être lue!

Des mots de tous les jours C’est par des mots simples et des phrases courtes que l’auteure nous plonge dans le tréfonds de deux femmes, de deux générations différentes, en âge et en époque. Mais c’est là que s’arrête la différence car en situation. ne sont-elles pas identiques, avec leurs heurs et leurs malheurs? N’y a-t-il pas fusion de caractère, voire même d’identité? Certes non! Mais il existe une réelle complicité!

Fidéline Dujeu aborde, sans idées préconçues et avec beaucoup de lucidité, l’amour, le désamour, le cancer, l’indifférence de l’humain face au malheur des autres, l’indifférence du mâle face à la femme qui souffre, la souffrance de l’être qui aime et qui doute, sans jalousie pourtant, la souffrance morale d’une fausse couche qui reste un non-dit, le rapport du père et de son enfant méconnu.

Pareille approche interpelle, dérange et rassure simultanément, gêne et réconforte pareillement mais donne envie de connaître Rose-Marie, la grand-mère ainsi que Fidéline, l’auteure.

«Guère d’homme», annonce la couleur par l’ambiguïté et le jeu de mot du titre. L’histoire débute en 1939 alors que la guerre est imminente, alors que Rose-Marie et Jean s’aiment et ne croient pas à ce qui les attend. À l’époque, personne n’y croit d’ailleurs ou alors le feint. Les fiancées de toutes les époques ne croient seulement qu’en leur amour qui est éternel et qui restera le plus fort.

Après la guerre, peu ou prou déchanteront comme actuellement et pourtant, rien n’est pessimiste.

Car, par son écriture, Fidéline Dujeu, tout en traitant de situations tristes, pénibles, abominables parfois à supporter, laisse transparaître une volonté de vivre et de survivre. Et on y trouve des mots tels que : «.Je pleure et je ris, elle meurt et en mourant, elle m’offre la vie.»

«Guère d’homme», éditions Le somnambule équivoque à Liège www.lesomnambule.be