WALCOURT – Angie est le dernier roman de Fidéline Dujeu, avec lequel elle entre dans la peau d’un jeune garçon sourd qui nous dévoile son journal intime.

Le lecteur reconnaîtra, à travers le dernier opus de Fidéline Dujeu, son verbe fort, ses phrases courtes, pleines de justesse et de poésie. Pas de mots redondants mais simples, à la manière d’un journal intime quelconque, sauf que celui-ci ne l’est pas. Il est tenu par un jeune garçon qui évolue vers l’âge adulte et qui exprime à travers son écriture, ses états d’âmes, ses questions, ses ressentiments, ses découvertes alors qu’il est en recherche du passé et surtout de sa mère, décédée il y a plus de dix ans. Le lecteur évolue avec le héros au rythme de ses jours.

Amour avec un grand A

Elle entre à pas de loup dans l’intimité du jeune garçon qui confie à son journal ses états d’âmes et qui exprime certaines incompréhensions face à des situations qu’il ne maîtrise pas nécessairement.

« Angie » est en fait un roman d’Amour avec un grand A car ce sentiment est omniprésent et évolue entre celui de maternel, de filial et de celui qui lie ou sépare.

Et la question surgit à un moment donné : l’amour n’est-il finalement pas le héros vu sa place prépondérante ?

Si la trame est noire, si la situation du héros est parfois pénible, si certains faits sont lots du quotidien, jamais Fidéline ne verse dans la banalité ou le mélo. Au contraire, les sentiments de Sylvain, le héros, ou mêmes ceux d’Angie ainsi que leurs réactions, sont presque cornéliens mais si humains à la fois.

Le livre fait un peu moins de 100 pages et, une fois commencé, on n’a de cesse de le lire entièrement car, en sus de ces personnages parfaitement typés, il règne un suspens qui ne se départira jamais. Même quand la situation semble dénouée, l’histoire est loin de s’achever. Du bel art ! M.V.